Enquête sur le tri à la source des biodéchets à Bordeaux Métropole

Fin 2025, Zero Waste Bordeaux a mené une enquête auprès d’une centaine d’habitants de Bordeaux Métropole pour évaluer l’adoption du tri à la source des biodéchets, près de deux ans après le lancement officiel de la collecte séparée (1er janvier 2024). Le questionnaire, composé de 26 questions, a permis d’analyser les habitudes alimentaires, la compréhension du dispositif, les pratiques de tri et les freins à l’adoption.

Cadre réglementaire et enjeux environnementaux

Les biodéchets, définis par le code de l’environnement (art. L.541-1-1), incluent les déchets alimentaires (restes de repas, épluchures, café, produits périmés) et les déchets verts (jardinage). Avant 2024, ils étaient majoritairement jetés dans les ordures ménagères, puis incinérés ou enfouis — deux méthodes inefficaces et polluantes : 

  • L’incinération consomme plus d’énergie qu’elle n’en produit (biodéchets = 80% d’eau) et favorise la construction d’incinérateurs inutiles. 
  • L’enfouissement génère du méthane (gaz à effet de serre) et des lixiviats (eaux polluées). 

En 2024, les biodéchets représentaient 32 % des ordures ménagères (ADEME, 2024). La loi AGEC (2020) oblige désormais les collectivités à proposer un tri à la source. Bordeaux Métropole a mis en place un Plan stratégique déchets à horizon 2026 (adopté en 2022) pour y répondre.

Solutions déployées par Bordeaux Métropole

  • 78 000 composteurs individuels** distribués gratuitement (2012–2023) ;
  • 108 composteurs collectifs** installés en 2022–2023 ;
  • 1 600 bornes d’apport volontaire alimentaire (BADA) à déployer d’ici 2026 (début en mai 2024) ;
  • Des opérations de broyage** pour les déchets verts (centres, proximité, domicile) et une aide à l’achat de broyeurs.

Un objectif ambitieux : réduire de 85 kg/hab/an les déchets résiduels d’ici 2030 (par rapport à 2010). 

Résultats de l’enquête (100 répondants)

Profil des répondants : 

  • 73 % de femmes, majorité âgée de 21 à 40 ans ; 
  • 95 % vivent en intra-rocade (46 % à Bordeaux centre) ; 
  • 61 % en appartement, 64 % avec un niveau bac+5.

Habitudes alimentaires : 

  • 83 % cuisinent quotidiennement ; 
  • Biodéchets principaux : épluchures, café/thé, restes de repas, pain, denrées périmées.

Pratiques de tri : 

  • 73,5 % ont entendu parler du tri des biodéchets ; 
  • 50 % utilisent les bornes BADA ;
  • 32 % ont accès à un composteur (individuel ou partagé) ; 
  • 1/3 jettent encore les biodéchets dans les ordures ménagères

Perceptions et freins : 

  • 90 % favorables au tri à la source ; 
  • 75 % prêts à changer leurs habitudes ; 
  • Obstacles principaux : odeurs/hygiène des bio-seaux (34 mentions), manque d’espace (24 mentions) ; 
  • 18 personnes n’ont pas de contenant adapté, 15 ont du mal à adopter le geste, 16 veulent plus de transparence sur le devenir des biodéchets.

Information : 

  • 76 % préfèrent l’affichage public, puis les réseaux sociaux et les sites des mairies ; 
  • 80 % se disent informés — mais l’échantillon est biaisé (profil sensibilisé, majorité urbaine et diplômée).

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