En ce samedi 1er mai, Zero Waste Bordeaux est fière de vous annoncer le lancement de publications mensuelles sur les entreprises et start-up de Bordeaux et de ses alentours. L’idée est de montrer à tout.e citoyen.ne et tout.e entrepreneur.e que voir et vivre autrement est possible et ne reste pas du domaine de l’utopie. L’idée est également de vous faire connaître ces acteurs, agissant pour un monde de demain réfléchi et durable en lien avec la réduction des déchets et du gaspillage. 

# 01 – Zoom sur Josette anti-Gaspi (Bordeaux) – entretien avec Antoine MATHIS : 

Antoine, Josette anti-gaspi, c’est quoi et d’où est venue l’idée ?

AM : J’ai fondé Josette anti-gaspi en 2019. Dans l’idée je voulais sensibiliser les Bordelais sur le gaspillage alimentaire et montrer au plus grand nombre qu’avec des aliments censés partir à la poubelle, on pouvait faire de grandes et belles choses. Pour cela nous avons développé des restos éphémères avec Wanted Community tous les dimanches à Bordeaux. Notre chef Amandine Basset nous a permis de montrer que l’on pouvait faire ses plats très gourmands et très beaux avec des invendus. L’idée était d’ouvrir un resto fixe mais le covid est passé par là. Pendant le premier confinement j’ai cofondé le Collectif Solidaire afin dans un premier temps d’aider les soignants, toujours avec ces invendus, transformés par des chefs, notamment Gianmarco Gorni, Justine Piluso, Fred Chesneau et bien d’autres. Au total, au sein de 40 hôpitaux, avec 150 chefs dans Paris mais aussi Marseille, Limoges et Bordeaux, 110 000 repas ont été offerts aux soignants. Josette anti-gaspi, c’est donc lutter contre le gaspillage alimentaire, mais aussi contre les inégalités sociales.

Comment aidez-vous le plus grand nombre ?

AM : Nous avons relancé au deuxième confinement avec un modèle de supermarché solidaire qui nous permet d’aider une trentaine d’associations par semaine et de nourrir plus de 5000 personnes à base d’invendus sains, à Paris, et nous faisons une fois par mois des repas géants pour 600 démunis avec nos amis chefs dans des lieux magnifiques comme la Felicita. Au total sur l’année c’est plus de 200 000 personnes que nous avons pu aider alors que je n’en espérais que 500 à mes débuts. C’est génial de voir qu’une fois qu’on a mis le pied dedans et qu’on le fait avec le cœur, les gens nous suivent et vous aident à aller toujours plus loin dans la sensibilisation et l’entraide.

Et j’ai entendu que Josette anti-gaspi tente aussi d’identifier et de traiter le problème de gaspillage alimentaire le plus en amont possible. Comment ?

AM : Effectivement. Après ça il a fallu réinventer Josette et ayant développé un gros réseau (de producteurs, partenaires, etc), nous avons décidé, notamment grâce à l’aide précieuse de Raphaël, mon acheteur spécialisé dans les invendus et depuis 25 ans à Rungis, de développer un réseau de producteurs afin de les aider à revaloriser leurs invendus. Nous nous positionnons comme un solutionneur pour les producteurs qui sont à la source de ce que l’on a dans notre assiette et qui sont ceux qu’il faut aider aujourd’hui (système vertueux). Nous rachetons donc leurs invendus pour les transformer en paniers vendus en entreprises afin de sensibiliser les entités mais surtout les employés et d’engager de plus en plus de monde à nos côtés.

On a parlé de Covid et de précarité. Josette anti-gaspi ne s’est pas arrêtée là pour les personnes cibles à soutenir. Tu veux en dire plus ?

AM : Sur ce même système de panier, nous avons noué un partenariat avec la société Tier Mobility, ce qui nous a permis à date de sauver plus de 5 tonnes de fruits et légumes invendus afin de les offrir aux étudiants en précarité à Bordeaux. Ce sont alors plus de 1000 paniers qui ont été offerts entre mars et avril. Ce partenariat prouve un nouveau modèle possible : des petites entités comme la mienne qui s’associent à de grandes entreprises internationales comme Tier pour changer les choses et sensibiliser.

Et Josette voit plus gros et plus loin dans son action solidaire. Quel est le cap ?

AM : Josette c’est aussi aujourd’hui une centrale d’achat antigaspi pour tous les restos, ceux qui ont galéré cette année. On va les aider avec une solution d’achat antigaspi pour tous les engager avec nous. En gros c’est mon modèle de Josette du début mais pour tous, et avec deux avantages clés pour le restaurateur : économiser au moins 30% sur les prix des appros et donc dégager plus de marge afin de récupérer l’argent perdue cette année mais aussi un label antigaspi pour que tout le monde puisse communiquer avec nous et s’engage à nos côtés. Donc pleins de projets aujourd’hui, encore plus pour la suite. La centrale est clairement mon sujet 2021 parce que je vois l’impact que cela peut avoir sur tout un système.

Et toi, Antoine, comment tu veux aller encore plus loin dans ce parcours déjà bien riche et intéressant ?

AM : Plus personnellement, je rêve de m’engager encore plus, le collectif est aujourd’hui très bien géré par Anne Laure et j’ai envie en perso d’aller sur de nouveaux sujets, de m’engager pour l’écologie, de faire bouger les lignes en politique, d’inspirer les gens en leur montrant que c’est possible de créer des économies pérennes tout en faisant quelque chose qui sert la planète.
Je veux surtout continuer à avoir l’impression que ce n’est pas un travail mais une passion et ça c’est une chance inouïe aujourd’hui et pour rien au monde je changerais de direction.

Antoine, merci pour cet échange, pour ces valeurs véhiculées et pour le partage de ta vision et de ton optimiste. Un mot pour la fin ?

AM : Je sais et je sens qu’on peut avoir un impact et en 2021 j’aimerais que tous les citoyens mais aussi toutes les entreprises se disent la même chose. Ainsi, on aidera tous ceux qui veulent avancer dans la même vision que la nôtre : écologie, solidarité, bienveillance.

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Propos recueillis par Cédric LOY, Zero Waste Bordeaux
Crédits photo : Solenne Loustalan